vendredi 25 novembre 2016

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jeudi 24 novembre 2016

Billets-Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !


Le Brexit, un calcul stratégique et voulu !
Les média nous poussent à penser que le référendum sur le Brexit a été le seul choix du peuple britannique et que ce Brexit menace nos vies et nos économies en nous jetant dans l’inconnu. Les média manipulent et ne donnent pas d’autres informations importantes qui permettent de comprendre le choix du Brexit. Des transferts d’argent ont été observés depuis plusieurs mois sur la zone allemande en direction d’un marché stable et riche. La bourse de Francfort négocie depuis plusieurs années sa fusion avec la City, un plan secret était élaboré par Berlin pour mettre en route la feuille stratégique et pour privilégier des accords avec le Royaume-Uni. Avant le vote du référendum les média nous ont fait croire que le non remporterait. Cela était pour faire de l’argent pour les spéculateurs et faire croire que ce vote ne pouvait être qu’un effet de surprise et que la démocratie existe surtout en Angleterre. En fait, tout est sous contrôle depuis des mois. Et c’est encore Berlin qui gagne tout avec Londres grâce à nos élites françaises qui rampent devant « Die Mutter », Merkel.
Les média ne parlent pas de la fusion des bourses, ni d’un plan secret allemand. Dans un article financier du 24 juin 2016 le conseil d’administration de la bourse allemande dit vouloir obtenir le siège principal même après la fusion de la City et de la bourse de Francfort. Le but est d’avoir un champion économique en Europe. Le 4 juillet les actionnaires du LSE, London Stock Exchange, doivent donner leur aval. Les actionnaires de la bourse allemande ont jusqu’au 12 juillet pour accepter l’offre. Voilà ce qu’un article du WirtschaftsWoche titrant, « Betriebsrat will Frankfurt als Hauptsitz auch nach LSE-Fusion », révèle. En fait, tout est sous contrôle des puissants et organisé. Le ministre fédéral des Finances de Berlin applique un plan secret, comme le dit le Handelsblatt. Un institutlibéral et nationaliste allemand basé à Munich a clairement écrit avant le référendum que rien de particulier n’aura lieu avec le Brexit car tout est sous contrôle.
Le même institut allemand montre des courbes publiées en mars 2016 qui montrent les mouvements de masses monétaires que sur la seule zone allemande en Union européenne ! Un hasard ? Pas du tout ! L’Allemagne a, elle, lancé l’idée de l’euro, une devis politique comme l’explique Thorsten Polleit président du Mises von Ludwig Institut et chef chez Degussa, pour financer sa première phase de réunification. Maintenant, l’Allemagne passe à une autre étape. Merkel doit dégager en 2017 et l’AfD a été fondé en 2013 (date du lancement de l’idée du Brexit…) pour prendre le pouvoir en Allemagne pour mener une politique nationaliste de manière ouverte. Avec le Brexit l’Allemagne devient le seul chef en Europe et se partage avec les Britanniques le pouvoir commercial et politique en Europe. La France grâce à ses pantins est devenu un pays du tiers monde qui va devoir accueillir les populations migrantes rejetées par Berlin et Londres qui font le tri sur les migrants. Le monde anglo-saxon a gagné sur tous les points. Ce n’est pas un hasard si Hollande et Ayrault vont à Berlin tenir le crachoir de Merkel et de Steinmeier car toutes les décisions prises pour l’après Brexit ont lieu à Berlin. Les Allemands font croire que leur volonté est de sauver la France. Ayrault, le professeur d’allemand, est ravi de parler en allemand à côté de Steinmeier. Le F.A.Z exprime bien la volonté de Berlin : renfermer ce qui reste de la zone euro en la consolidant sous la puissance de Berlin. Ayrault, qui ne semble pas piger le jeu de Berlin, soutient la politique de Berlin. De grosses surprises sont à attendre en 2017 quand le nouveau chancelier allemand sera élu (ou la nouvelle chancelière…). L’idée de lancer un référendum Brexit date de 2013 tout comme le lancement du parti patriote AfD, le parti qui n’arrête pas de monter dans les sondages !
Fuites des capitaux en direction de l’Allemagne. Tableau publié en mars 2016

Source : novorossia.today/le-brexit-un-calcul-strategique

Dessins de presse


Dessins de presse

mercredi 23 novembre 2016

mardi 22 novembre 2016

lundi 21 novembre 2016

Dessins de presse


Dessins de presse

dimanche 20 novembre 2016

Billets-Pas de duel Hollande/Sarkozy en 2017


Pas de duel Hollande/Sarkozy en 2017

 Alors comme ça, pour la première fois depuis 2012, l’ancien président de la République a accepté une invitation de son successeur, afin d’être présent dans une cérémonie officielle ? Il parait que Hollande et Sarkozy ont besoin l’un de l’autre. L’un, en dépit des sondages qui le donnent perdant dans tous les cas, pense que le rejet que suscite Sarkozy, y compris à droite, y compris chez les patrons, lui permettra quand même de s’assurer une victoire au deuxième tour, et l’autre imagine que rappeler son ancien rôle de président de la République (ce que Hollande, obsédé par son ancien adversaire, ne cesse de faire, au lieu de travailler et d’appliquer son programme de 2012) lui permettra de gagner la primaire des Républicains, et donc d’être en situation d’être l’adversaire de la droite face au PS.

Pourtant, dans leur petit jeu, tous les deux, aussi bien François Sarkozy que Nicolas Hollande, ont juste oublié un « petit » détail, les Français ne veulent plus d’eux, ni maintenant, ni en 2017, et ce pour plusieurs raisons.

Échec de l’un
Si Sarkozy a perdu en 2012, c’est parce qu’il a été au pouvoir entre 2007 et 2012, et que les Français ont donc eu cinq ans pour juger. Et qu’ont-ils vu ? De la social-démocratie de droite : hausse de la dépense publique, création ou relèvement de 51 taxes et impôts, des milliers de lois votées, parfois contradictoires, certaines liberticides. En outre, en cinq ans, la diplomatie a été brouillonne, et en dépit de la gestion unanimement reconnue de la crise géorgienne ou de la présidence française de l’UE, les Français n’ont pas compris où Sarkozy voulait emmener la France. Il faut dire que quand on essaie de trouver un point d’équilibre entre Henri Guaino et Christine Lagarde, c’est mission impossible. Même dans les domaines dans lesquels Sarkozy se présentait comme un champion, la sécurité par exemple, l’échec était patent.

On peut donc clairement parler d’échec de Sarkozy. Et qu’il ne vienne pas nous dire que la crise de 2009 explique pourquoi la France a vu sa dette publique exploser et ses dépenses progresser. D’autres pays voisins, comme l’Allemagne, le Royaume Uni, la Pologne, les Pays Bas, la Suisse ou même l’Espagne ont su faire des efforts et s’abstenir de se demander ce qu’auraient fait Keynes, Jaurès ou Marx.

Mensonges de l’autre
Hollande, le maire de Tulle, le secrétaire général du Parti Socialiste, n’était pas le candidat préféré du PS. Ses camarades et « amis » Fabius, Royal, Valls ou Aubry le tenaient en piètre estime (« il ne fout rien », « c’est flou, il y a un loup », « qu’a t-il fait en 30 ans »). Mais à la faveur des événements, il est quand même devenu le candidat de la gauche. Et qu’a-t-il fait, pendant sa campagne ? Il a menti. Il a d’abord menti à la gauche, en affirmant que la finance était son ennemie, pendant que le trésorier de campagne gérait ses investissements aux Caïmans.

Il a ensuite menti aux français, leur promettant un pays apaisé, alors qu’il rendait hommage aux communistes, préparait le mariage pour tous ou avait en tête des lois liberticides (Loi Renseignement). Il a aussi menti en affirmant qu’il allait tourner la page du bling bling et du sarkozysme. Trois ans plus tard, on sait ce qu’il en est. Une actrice se sert de l’Élysée pour ses rendez-vous professionnels, la Lanterne a bien été annexée par le locataire de l’Élysée, qui se sert de Air Sarko One pour voyager, quand il ne se rend pas dans des restaurants hors de prix à coté desquels le Fouquet’s est un kebab de quartier. Quant au changement, on repassera : non seulement la France est toujours dans l’OTAN, mais le chef de l’État est tout simplement celui qui aura lancé les armées françaises dans un nombre record de pays. Du coté de l’économie, nul besoin de commenter, entre la courbe du chômage qui ne veut jamais s’inverser, ou la croissance atone en dépit du fameux « alignement des planètes ».

Incompétence des deux
Il apparaît clairement que tant Hollande que Sarkozy se montrent donc incapables d’affronter le réel : la France dépense trop d’argent, il faut réduire la dépense publique. Ils se montrent également peu désireux de répondre à l’idéal de liberté des Français, qui veulent de plus en plus que l’État leur fiche la paix, tout simplement. Enfin, dans le cadre de l’exécution de leur politique, pour peu qu’on admette qu’ils croient à leurs promesses, les deux ont souffert d’un problème de cohérence de majorité.

Division de leurs camps
Comment peut-on trouver dans le même parti Nadine Morano et Philippe Douste-Blazy ? Benoit Hamon et Malek Boutih ? Henri Guaino et Hervé Novelli ? Martine Aubry et Christophe Caresche ? Tant que, pour des raisons d’allégeance tactique à une écurie présidentielle, conséquence directe de la prééminence du chef de l’État en France, des politiciens choisiront de travailler pour les partis politiques dont ils ne partagent pas les valeurs, comment voulez-vous que des Présidents de la République, qui doivent bien s’appuyer sur une majorité, puissent gouverner de manière cohérente ? Notons que cette absence de clarification ne concerne pas que Les Républicains ou le Parti Socialiste. On a aussi du mal à voir le rapport entre Marine Le Pen et Marion Maréchal le Pen, ou entre les différentes factions de l’extrême-gauche.

Mais alors, puisque Hollande et Sarkozy sont nuls, du fait de leurs qualités propres ou du système politique, qui pour 2017 ?

Peut-on éviter ce mauvais film, Hollande vs Sarkozy, remake de 2012 ?
Soit on considère pertinent de renouveler de tels duels, soit on les rejette.
Dans le premier cas, les candidats ne manquent pas. À droite, tout n’est pas à rejeter. Malgré son lourd passif en tant que Premier ministre pendant cinq ans (création de l’exit tax, par exemple ?), François Fillon a enfin pris conscience de la nécessité d’un choc thatchérien pour la France. Quant à Hervé Mariton, russophone mais pas Poutinolâtre, polytechnicien mais pas pédant, fidèle dans ses valeurs (plutôt libéral en économie, conservateur au plan sociétal), il mérite tout simplement de représenter les Républicains, de par sa parfaite adhésion aux valeurs conservatrices. N’oublions pas, également, Christine Lagarde, ou même Valérie Pécresse (adoubée par les élites mondiales). Au PS aussi, il y a des personnalités dignes d’intérêt et qui méritent de porter les couleurs de leur parti : Bertrand Delanoë, l’ancien maire de Paris, en fait partie, ainsi que Malek Boutih, lui qui tient un discours parfois intéressant, notamment sur la jeunesse et l’entrepreneuriat. Et quid de Daniel Cohn-Bendit, s’il arrive à faire oublier les taches de son parcours, ce qui n’est pas gagné.

Dans le deuxième cas, la France réalise que le poison présidentiel dénature tout le processus politique, comme l’a si bien analysé la journaliste Ghislaine Ottenheimer. Une des limites de la Vème République, c’est le fait qu’un seul homme concentre entre ses mains trop de pouvoirs, de la gestion des affaires internes de son parti à celle de la diplomatie du pays, ce qui relève plus de la monarchie absolue que d’autre chose. L’exception culturelle française, c’est que le chef de l’État est aussi de facto le chef du gouvernement (tendance accélérée avec le quinquennat), alors que chez nos voisins, par ailleurs très souvent des monarchies constitutionnelles (Belgique, Luxembourg, Pays Bas, Royaume Uni, Suède, Espagne), le souverain n’a que peu de pouvoirs, et le Premier ministre gouverne après avoir mené un parti à la victoire aux législatives.

Dans ce deuxième cas, il y a plusieurs options. La plus radicale serait que nous devenions à nouveau une monarchie. Les modalités pratiques d’un tel changement (approbation de la modification de la Constitution), sans parler de la querelle dynastique entre les Orléanistes et les Légitimistes, rendent l’idée non réaliste. L’autre option serait que les Français cessent d’adhérer à l’idée d’un ou d’une président(e) de la République omnipotent(e) pour qui l’élection au suffrage universel direct équivaut au Sacre de Reims. Dès lors, les Français pourraient se tourner vers des personnalités modérées et rassembleuses pour qui l’objectif n’est pas l’accaparement de tous les pouvoirs mais au contraire le respect du principe de subsidiarité, la recherche de la proportionnelle au parlement et la quête d’un équilibre entre des régions fortes et une Europe fédéralisée. Des personnalités comme Hervé Morin, François Bayrou ou Sylvie Goulard pourraient-elles être en mesure de porter un tel projet ?
On dit souvent que les peuples ont les politiciens qu’ils méritent. Dans un cadre malgré tout démocratique, comme celui de la France, c’est d’autant plus vrai. En effet, ni Hollande ni Sarkozy ne sont tombés du ciel. Il y a bien eu des gens pour voter pour eux, à un moment. La première étape pour éviter un duel Hollande/Sarkozy en 2017 est donc de récupérer le pouvoir que nous avons abandonné au politique.

Source contrepoints.org


jeudi 17 novembre 2016

Billets-Fillon, Juppé, Sarkozy : les stratégies pour gagner


Fillon, Juppé, Sarkozy : les stratégies pour gagner

Les deux favoris des sondages, Juppé et Sarkozy, ont choisi deux stratégies distinctes de conquête du pouvoir. Un petit aperçu.

Quel que soit le prochain Président de la République, la droite de gouvernement sera confrontée à la même réalité : la société ouverte sur le monde et la concurrence inhérente, les résistances syndicales, la dette abyssale et les déficits publics, les prélèvements obligatoires plus élevés que jamais, l’arrivée massive de migrants, les interventions militaires extérieures.

On n’imagine pas facilement qu’entre Juppé, Sarkozy et Fillon, il puisse y avoir des différences politiques profondes lorsqu’ils se trouveront face à cette réalité. Des nuances, certes, mais pas davantage. Pourtant, les deux favoris des sondages ont choisi deux stratégies distinctes de conquête du pouvoir.
Alain Juppé et le rassemblement
Pour Alain Juppé, l’électorat auquel on s’adresse pour conquérir le pouvoir doit également représenter la majorité avec laquelle on souhaite gouverner. Il cherche donc à rassembler ceux qui gouverneront avec lui : Les Républicains (LR) et les centristes (MODEM, UDI). Les centristes soutenant Juppé adhèrent à ses propositions mais attendent un accord électoral en vue des élections législatives. Leur soutien est conditionné par l’octroi, en position éligible, d’un certain nombre de circonscriptions. En pratique, les candidats LR devront se désister en faveur des centristes lorsque ceux-ci arriveront en tête au premier tour.

Juppé Président disposera donc d’une majorité composite mais soutenant sa politique. Il ne devrait pas y avoir de difficulté majeure au niveau du Parlement à condition d’accepter les compromis avec le centre, ce qui est l’essence même de la démocratie.
Nicolas Sarkozy et le clivage
Nicolas Sarkozy dissocie nettement conquête et exercice du pouvoir. Il cherche d’abord à conquérir un électorat pour accéder à la Présidence.

 Mais l’exercice du pouvoir ne pourra pas correspondre aux aspirations d’une partie de cet électorat. En effet, il considère que le centre de gravité politique pour la conquête du pouvoir se situe très à droite de LR. Les journalistes spécialisés ont pu observer que certains militants UMP soutenant Sarkozy avaient également la carte du Front National. Comme en 2007, Nicolas Sarkozy pense pouvoir aspirer une partie de l’électorat frontiste.

Les discours de campagne reposent alors beaucoup sur les diverses déclinaisons de la thématique « nous/eux » (Français-étrangers, peuple/élite, travailleurs/assistés, etc.). Évidemment, l’exercice du pouvoir ne sera pas du tout en harmonie avec l’électorat frontiste ainsi conquis. Nicolas Sarkozy est un libéral mâtiné de bonapartisme qui exercera une politique très proche de celle d’Alain Juppé.

En tout état de cause, il faudra une alliance avec les centristes pour les législatives de juin 2017. La majorité parlementaire de Sarkozy ne pourra pas être très différente de celle de Juppé. Elle ne correspondra pas à sa majorité présidentielle.
Majorité parlementaire et majorité présidentielle
C’est le régime semi-présidentiel français qui induit cette problématique. Jusqu’à 2002, le Président de la République était élu pour sept ans. Élections législatives et présidentielles étaient totalement dissociées dans le temps. Il en résultait que majorité parlementaire et majorité présidentielle ne coïncidaient pas toujours. Une cohabitation droite-gauche était parfois nécessaire. Cela s’est produit trois fois. Sous la présidence de Mitterrand, Jacques Chirac fut Premier ministre de 1986 à 1988, puis Édouard Balladur de 1993 à 1995, du fait d’une majorité parlementaire de droite. Sous la Présidence de Jacques Chirac, Lionel Jospin fut nommé Premier ministre en 1997 à la suite d’une dissolution et de l’arrivée d’une majorité parlementaire de gauche.

Le passage au quinquennat était motivé, en particulier, par la volonté d’éviter les cohabitations. Les élections législatives surviennent désormais immédiatement après la Présidentielle. On espère ainsi que les deux majorités coïncident et c’est bien ce qui s’est produit depuis 2002. Mais il apparaît que les candidats à la Présidence de la République font parfois campagne sans respecter l’harmonie nécessaire entre les deux majorités. La volonté de conquérir le pouvoir peut les porter à élargir l’électorat présidentiel par des promesses ou des discours assez démagogiques.
Le corps électoral n’est pas un simple instrument
Depuis 2002, date de la réélection de Jacques Chirac, les citoyens français subissent donc cette dichotomie larvée entre majorité parlementaire et présidentielle correspondant aussi à une dissociation nette entre conquête et exercice du pouvoir. La conquête du mandat de Président de la République obéit à une stratégie spécifique. L’exercice du pouvoir suppose une majorité parlementaire.

Une fois le pouvoir conquis, son exercice ne dépend plus de l’électorat qui a désigné le Président de la République. Cette forme de monarchie républicaine conduisant le chef de l’exécutif à s’exonérer de sa dette envers ses électeurs suscite un malaise croissant. Les électeurs ne veulent pas être traités comme un simple instrument d’accession au pouvoir. Ils entendent qu’on les respecte, même si les moyens existent, du fait des études d’opinion, pour considérer le corps électoral comme une simple matière que l’on peut travailler tout à loisir.

Rappelons-nous que Jacques Chirac avait été élu en 2002 avec plus de 82% des suffrages suite à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour. Le gouvernement Raffarin, constitué en 2002, ne comportait cependant que des ministres UMP. Les Français ont ressenti cette absence d’ouverture comme une trahison. Le phénomène inverse se produit en 2007 : Nicolas Sarkozy parvient à capter une partie de l’électorat du Front National pour l’élection présidentielle.

Mais il nomme quelques ministres issus de la gauche et présentés comme « prises de guerre » par certains médias. Cette ouverture à gauche ne correspond absolument pas à l’électorat présidentiel. En 2012, François Hollande fait des promesses tous azimuts, sinon dans son programme, du moins dans ses discours. Mais il mène une politique sociale-démocrate, voire sociale-libérale sous certains aspects, qui déçoit profondément une large partie de ses électeurs.
Que veulent les Français ?
Qu’on les respecte, tout simplement. Surtout quand on prétend les gouverner. C’est un devoir, un impératif catégorique. Le programme que l’on propose doit être en adéquation avec la majorité dont on dispose. La conquête du pouvoir n’est pas une fin en soi. Elle n’est que le passage obligé pour réaliser ce que l’on croit juste et nécessaire.

Si Alain Juppé est élu Président de la République, il le devra à la cohérence de sa démarche. De même pour François Fillon. Ils gouverneront avec ceux qui les ont soutenus. Si Nicolas Sarkozy gagne, il le devra à une stratégie politicienne de captation d’un électorat qui ne figurera pas dans sa majorité parlementaire.

Certains de ses électeurs se sentiront donc trompés. Mais les citoyens ne sont plus dupes. De plus en plus nombreux sont ceux qui analysent assez finement les manœuvres politiciennes car l’information existe désormais. Les Français exigent de leurs gouvernants un minimum éthique. Qui pourrait le leur reprocher ?


Source contrepoints.org
Photo Alain Juppé By: The Official CTBTO Photostream – CC BY 2.0
Par Patrick Aulnas.


Diplômé d’études supérieures de droit public, ancien professeur agrégé d’économie-gestion, Patrick Aulnas est aujourd'hui blogueur et essayiste.

mercredi 16 novembre 2016

Billets-Primaires : ces 3 questions qu’il faut poser aux candidats


Primaires : ces 3 questions qu’il faut poser aux candidats

Nous devons demander aux candidats le contrat qu’ils nous proposent et leur faire également connaître les clauses indispensables pour leur donner notre accord.

Les électeurs cherchent en vain depuis des années à passer un vrai contrat avec les candidats. Ceux-ci ont pour habitude de se défiler : ils demandent qu’on leur fasse confiance, ils veulent un chèque en blanc et se présentent au corps électoral sur leur bonne mine ou sur des questions mineures. L’essentiel est de paraître. Pour le reste, ils s’abritent derrière la complexité et l’incertitude des événements et des contextes économiques, sociaux, politiques et diplomatiques. L’empirisme est leur meilleur alibi : nous ferons pour le mieux.

Certes le prix Nobel d’économie est allé à deux universitaires qui ont produit des travaux sur l’incomplétude des contrats : au moment où un accord est conclu, les parties ne peuvent connaître tout ce qu’il apportera de bienfaits et de nuisances. Ce n’est qu’au fur et à mesure que le contrat sera exécuté qu’il apparaîtra comme une bonne ou mauvaise affaire ; mais il sera trop tard pour se libérer de ses obligations contractuelles. La conclusion de l’étude n’est pas qu’il faut se passer de contrat, mais qu’il faut diminuer les risques au moment de la conclusion.

Aurons-nous enfin un contrat, même incomplet et aléatoire ?
Sait-on quel contrat nous propose chacun des candidats ?
Certes, nous avons des livres, des programmes. Peuvent-ils tenir lieu de contrat ? Ou serons-nous condamnés, une fois de plus, à choisir l’abstention ou le vote rejet ? Pour l’instant, je demeure sceptique. Certes, ici même et dans le cadre du collectif des libéraux, nous tenons la comptabilité des écrits et des discours pour évaluer le degré de libéralisme des candidats. Mais ce n’est pas assez, cela suffira à peine à désigner ceux qui sont plus proches ou plus éloignés des idées de la liberté ; encore peut-on déceler quelques grands écarts, avec des candidats prenant des postures libérales dans certains domaines (par exemple l’économie) et anti-libérales dans d’autres (par exemple la famille).

Nous devons donc demander aux candidats le contrat qu’ils nous proposent et leur faire également connaître les clauses indispensables pour leur donner notre accord. Un simple catalogue de mesures (les 1.000 prévues par Bruno Le Maire par exemple) ne tient pas lieu de contrat, ou s’assimile à ce que les juristes appellent un « contrat de guichet » : on prend tout ou rien – les contrats d’assurance ou de transport sont rédigés dans cet esprit. À l’inverse la référence insistante à deux ou trois mesures spectaculaires ne tient pas lieu de contrat (les deux référendums de Nicolas Sarkozy par exemple).

À mes yeux (et c’est ce qui est ressorti de mon débat avec Alain Mathieu il y a quelques semaines), les chiffres sont des fumigènes. Diminuer les dépenses publiques de 100 ou 120 ou 60 milliards, est-ce significatif, même si on additionne des choux et des navets ? Réduire le nombre de fonctionnaires de 600 ou 400 ou 300 mille, est-ce clair si on ne dit lesquels ni comment ? Je suis, comme vous, peut-être frappé par le vague des projets, y compris de ceux des plus sérieux. Nous aimerions entendre la réponse à plusieurs questions :

1° La Poste, la SNCF, les HLM seront-elles ou non privatisées ?
2° Le monopole de la Sécurité Sociale sera-t-il entamé ; l’assurance maladie et les retraites seront-elles choisies, au moins partiellement, par les assujettis ?
3° La liberté scolaire sera-t-elle enfin assurée par la libre création et la concurrence de nouveaux établissements offerts au choix des familles ?

Et il ne nous déplairait pas de voir les candidats s’engager clairement sur des choix de société : rôle subsidiaire de l’État, autonomie et concurrence des collectivités locales, respect de la vie et de la dignité des personnes, fédéralisme européen.

Enfin, quelques détails sur les futurs responsables des affaires publiques ne nous déplairaient pas : qui sera Premier ministre ? Qui aura en charge les grands ministères ? Sera-t-il fait appel à des personnalités de la société civile pour gouverner ?

Alors, les grandes lignes d’un contrat présidentiel pourraient se dessiner et nous pourrions choisir en connaissance de clauses. Sans contrat, on sera condamné à éviter le pire. Avec un contrat, on portera notre voix au meilleur.

Source contrepoints.org
Photo micro journalistes credits audio luci store it (licence creative commons)
Par Jacques Garello.



Jacques Garello est un économiste français, président de l'Aleps.

vendredi 11 novembre 2016

lundi 7 novembre 2016

Billets-Avis de tempête sur le millefeuille territorial


Avis de tempête sur le millefeuille territorial

Le Général de Gaulle l’avait tenté sans succès en 1969, Manuel Valls reprend le flambeau de la réforme des collectivités. Le gouvernement compte imposer sa volonté aux élus locaux : « il est désormais temps de passer des intentions aux actes ! » Oui mais quand ? Entre 2017 et 2021 ! Le millefeuille territorial s’effeuillera sans précipitation.

Le magazine Challenges qui décrypte l’actualité et l’économie, s’est procuré la nouvelle carte de France qui prévoit un passage de 22 à 12 régions. Seront épargnées l’Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Corse.

Cinq couples fusionneraient et on verrait l’émergence de deux grandes entités regroupant d’une part l’Alsace, la Lorraine et la Champagne-Ardenne, et de l’autre Poitou-Charente, Aquitaine et Limousin. Les pays de la Loire seraient démembrés, la Bretagne gagnant Nantes et la région Centre. Les élus auront un an pour s’entendre. Dans le cas contraire, le gouvernement imposera son redécoupage au 1er janvier 2017.

Les économies envisagées, selon le député socialiste René Dosière, seraient de l’ordre de 500 millions d’euros sur 28 milliards de budget. C’est peu mais ça permettrait de mieux adapter les territoires aux activités économiques et de clarifier les missions sur le modèle des Länder allemands.

Quant au bloc communal, Manuel Valls se montre prudent sur sa réorganisation. Or c’est à ce niveau que se trouvent les plus gros gisements d’économies. La création d’un échelon administratif de plus avec les intercommunalités n’a pas joué sur un transfert de compétences mais bien sur une hausse globale des effectifs de 25% en quinze ans !

« En faisant la chasse aux doublons et en réduisant le nombre de structures, il est possible de gagner au moins 15 milliards » renchérit M. Dosière dans son livre Le métier d’élu local.
Quoi qu’il en soit les avis sont partagés et les échéances tellement lointaines que cette carte territoriale risque de se transformer au fil du temps, en usine à gaz.

Source Challenges

Billets-Comment expliquer l’échec de l’industrie française ?

Comment expliquer l’échec de l’industrie française ?

Notre secteur industriel est dans les trente sixième dessous, et il est urgent que l’on puisse le reconstituer. Va-t-on le faire en choisissant le libéralisme, ou bien va-t-on opter pour le colbertisme ?

Dans un précédent article, nous avons décrit la débâcle française en matière industrielle. Comment expliquer tous ces échecs ?

La réponse à cette interrogation nous est donnée par les travaux du chercheur américain Weston Agor, professeur à l’université du Texas, un chercheur que les consultants français ont jusqu’ici complètement ignoré, en en restant aux applications par trop mécaniques des outils de l’analyse stratégique d’entreprise mis au point ces dernières années par les chercheurs de Harvard. Cet universitaire américain, qui comme beaucoup d’universitaires de son pays fait du consulting en entreprise, a démontré que la stratégie nécessite deux vertus fondamentales : l’intuition et la créativité.
Les vertus nécessaires à la stratégie
Ce sont là les spécificités du cerveau droit. Weston Agor, en faisant passer des batteries de tests aux dirigeants des entreprises américaines qui se sont prêtés à cet exercice, a établi une très forte corrélation entre réussite et intuition des dirigeants. Il a ainsi démontré que pour être un bon stratège il faut nécessairement être cerveau droit. Or les chefs d’entreprise français, tout particulièrement semble-t-il, dans le domaine industriel, sont très majoritairement des cerveaux gauches ! Voilà donc la conclusion à laquelle on arrive.

Il nous faut rappeler ici les découvertes sur le fonctionnement du cerveau que des chercheurs en neurophysiologie ont faites ces 30 dernières années, notamment Roger W. Sperry, prix Nobel de médecine en 1981. Notre cerveau a deux hémisphères qui sont en relation, mais qui ne fonctionnent pas de la même façon. L’hémisphère gauche est le siège du langage et du raisonnement logique. Avec le cerveau gauche on fait des analyses détaillées, minutieuses et séquentielles, sans jamais parvenir à une vision globale : pour le cerveau gauche qui fonctionne en binaire, il n’y a qu’une seule façon de faire les choses.
La créativité du cerveau droit
Le cerveau droit, quant à lui, voit les choses globalement : il traite l’information d’une façon holistique. Le cerveau droit est créatif : c’est le siège de l’intuition et de l’imagination. Il explore plusieurs pistes à la fois. Avec le cerveau gauche on organise, on planifie et l’on va dans le détail, alors que le cerveau droit a horreur du détail, son appréhension de la totalité se faisant d’une manière instantanée. Les deux cerveaux coopèrent, mais très souvent l’un domine l’autre : c’est ainsi que le cerveau gauche étouffe la créativité.

Les artistes, les musiciens, sont tous des cerveaux droit : Mozart entendait dans l’hémisphère droit la musique qu’il allait composer avec son hémisphère gauche. Le cerveau droit permet la gestion de la complexité. Daniel Pink dans son ouvrage L’homme aux deux cerveaux paru en 2007 nous dit : « L’avenir appartient aux cerveaux droits ».
Résoudre les problèmes de stratégie
Weston Agor, dans ses missions de conseil aux entreprises, constituait toujours avec les interlocuteurs qu’on lui donnait pour travailler sur les problèmes de stratégie, deux groupes distincts, en utilisant les tests qu’il avait mis au point : d’un côté les cerveaux gauches, et de l’autre les cerveaux droits.

Il demandait au groupe des cerveaux droits d’élaborer des propositions diverses en matière de stratégie, en donnant libre cours à leur créativité. Puis il invitait le groupe des cerveaux gauches à faire un screening dans toutes ces élucubrations avancées par le groupe précédent, afin de ne retenir que les suggestions les plus cohérentes avec les moyens de l’entreprise. Si dans un groupe de brain storming on mélange les cerveaux droits avec les cerveaux gauches, ceux-ci paralysent complètement la réflexion et stérilisent le débat.
Techniques plutôt que logiques
Voilà donc les constations auxquelles on parvient : les managers français avec leur sens de la logique veulent généralement gagner par la technique. C’est une grande constante chez les Français et cette manière de procéder n’est généralement pas la bonne. Le Concorde qui était une merveille technique en est parmi bien d’autres un parfait exemple. Comme on le sait, ce fut un échec commercial et il fallut cesser de le faire voler.
On doit donc se demander comment on pourrait remédier à cette difficulté viscérale des managers français, qui sont majoritairement des cerveaux gauches, à concevoir de bonnes stratégies. Est-ce affaire de formation de notre jeunesse, est-ce dû à l’apprentissage chez les tout jeunes enfants de notre pays de la langue française, une langue par trop logique, ou encore est-ce affaire de génétique ? Nul ne le sait actuellement.
Mettre en oeuvre des stratégies gagnantes pour contre le déclin industriel français
Ce qui paraît certain c’est que les managers italiens se révèlent être bien plus doués que leurs homologues français pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies gagnantes, et l’on sait que depuis toujours le peuple italien est bien plus artiste que le peuple de France : à quoi cela est-il dû ? Autre constatation : les Asiatiques sont plus doués pour la stratégie que les Européens : est-ce génétique ? Ou bien est-ce leur écriture qui, avec ses idéogrammes et ses pictogrammes, suscite en permanence le recours à l’intuition pour imaginer instantanément ce que ces caractères signifient ?

On sait que le sens des sinogrammes varie selon le contexte, et certains caractères chinois peuvent représenter plus d’un morphème. Cette écriture nécessite, semble-t-il, une plus grande sollicitation du cerveau droit que ne le fait notre écriture. Tout cela reste à étudier.
Que faire ?
Dans l’immédiat, que peut-on donc faire ? Aider les chefs d’entreprise à se familiariser avec les techniques de l’analyse stratégique, des techniques très au point actuellement ? Mais les outils de l’analyse stratégique sont très délicats à mettre en œuvre car pour être correctement utilisés ils nécessitent que l’opérateur ait recours à l’intuition, ce que les manuels ne disent jamais.

Découper les activités d’une entreprise en différents domaines d’activités stratégiques, les SBA des auteurs américains (Strategic Business Area), nécessite de l’intuition. Donner aux SBA une dimension géographique pertinente nécessite, aussi, de l’intuition. Et choisir les avantages distinctifs à adopter pour réussir dans une stratégie de différenciation nécessite, là encore, de l’intuition. S’il s’agissait, en effet, d’acheter un manuel d’analyse stratégique à 40 ou 50 euros pour faire fortune, cela se saurait.
Le problème de l’enseignement de l’analyse stratégique
Tous les essais qui ont été faits, y compris dans le passé par le CNPF2, pour inciter les chefs d’entreprise français à se former aux techniques de l’analyse stratégique n’ont donné aucun résultat : on ne peut pas former un chef d’entreprise aux techniques de l’analyse stratégique en un séminaire de deux jours, et le recours à des consultants est très cher, et encore faudrait-il que ceux-ci soient valables.

Une action ne pouvant avoir de résultats que dans le très long terme consisterait à demander aux spécialistes des problèmes de pédagogie de mettre en place des activités permettant de développer chez nos jeunes, dans le système scolaire, le recours au cerveau droit. Mais il s’agit là d’un vœu pieux.

Nous nous trouvons donc totalement démunis pour corriger chez nos managers cette infirmité qui consiste à fonctionner essentiellement sur le cerveau gauche.

Cela pose la question de fond de savoir quel est le système économique qui finalement convient le mieux à notre pays : est-ce le  libéralisme économique intégral, ou bien est-ce le système dirigistequi a pour nom le colbertisme ? S’il s’agit, avec un système libéral, de créer des milliers et des milliers d’entreprises qui seront menées à l’échec par des chefs d’entreprise incapables de développer de bonnes stratégies, sans doute vaudrait-il mieux en revenir, alors, au colbertisme, la puissance publique prenant les initiatives qu’il faut pour orienter les entreprises et les aider à se développer.

Pour l’instant, notre secteur industriel est dans les trente sixièmes dessous, et il est urgent que l’on puisse le reconstituer. Va-t-on le faire en choisissant le libéralisme, ou bien va-t-on opter pour le colbertisme, ce que l’ancien président de Saint-Gobain, Jean-Louis Beffa, polytechnicien et manager de l’année en 1989, recommande dans son dernier livre La France doit choisir, parlant, pour être moderne, de « néo-colbertisme » ?

  • Claude Sicard est l’auteur de Le Manager Stratège et L’audit de Stratégie (Éd Dunod)

Source contrepoints.org
Photo By: Jean-Marc Ayrault – CC BY 2.0
Par Claude Sicard.

Emploi 2017

Emploi 2017 est un groupe de réflexions et d'analyses économiques animé par Bernard Zimmern, qui vise à relancer la création d'emplois en France.

vendredi 4 novembre 2016

Billets-François Hollande, le président par accident


François Hollande, le président par accident

Doxa socialiste ou pragmatisme social-libéral ? Après l’échec de François Hollande, ce choix inéluctable risque de provoquer l’éclatement du Parti socialiste.

François Hollande a échoué comme aucun Président avant lui. C’est ainsi qu’il entrera dans l’histoire. Il n’aurait jamais dû être Président et n’y n’était absolument pas préparé. Fin 2010, les sondages le plaçait d’ailleurs très bas dans la course à la candidature socialiste pour la Présidence de la République, autour de 3%, loin derrière DSK, Martine Aubry et Ségolène Royal. Que s’est-il passé ? François Hollande a été porté à la Présidence de la République par une conjonction de facteurs externes et nullement par ses qualités. Voilà qui explique son échec dans la fonction.
Un Président par défaut
En mai 2011, Dominique Strauss-Kahn est accusé d’agression sexuelle par Nafissatou Diallo qui travaillait comme femme de chambre au Sofitel de New York, dans lequel séjournait DSK. Il est menotté et emprisonné devant les caméras du monde entier. La carrière publique du Président du FMI se termine brutalement, et celle du possible candidat à la présidence de la République française également.

Tous les sondages de début 2011 donnaient DSK vainqueur de l’élection présidentielle avec une confortable avance sur Nicolas Sarkozy. Mais, avant l’éviction de DSK, François Hollande était donné battu par Sarkozy. Hollande ne fut donc qu’un candidat de substitution, habile à jouer les rassembleurs de la gauche.

L’habileté tactique de Hollande est indiscutable. Certains candidats à la primaire de gauche de 2011 avaient une expérience politique supérieure à celle de Hollande. Martine Aubry avait été plusieurs fois ministre et avait dirigé le parti. Ségolène Royal avait également occupé des fonctions ministérielles et avait été la candidate socialiste en 2007. Hollande parvint cependant à mieux rassembler que ses deux concurrentes. Sa tactique fut la même que celle utilisée en tant que Premier secrétaire : apparaître, face aux divisions profondes du parti, comme celui qui est capable de réaliser une synthèse. Il suffit pour cela de rester dans le flou et de laisser croire à ses adversaires que tout est encore possible. Ne désespérer personne, n’enthousiasmer quiconque.
Un Président inexpérimenté
Hollande fut membre de cabinets ministériels sous Mitterrand, puis député de Corrèze, député européen, maire de Tulle et Premier secrétaire du Parti socialiste. Malgré un long parcours politique, ce politicien professionnel n’a donc jamais occupé la moindre fonction ministérielle avant son élection à la présidence de la République. Il faut remonter loin dans le temps, sous la IIIe République, pour rencontrer des cas analogues : Mac Mahon (1808-1893), Jules Grévy (1807-1891) et Paul Deschanel (1855-1922) occupèrent la fonction sans avoir été ministres mais leur pouvoir politique était pratiquement nul dans un régime parlementaire pur.

Le Président du Conseil gouvernait, le Président de la République « inaugurait les chrysanthèmes » selon la formule consacrée. La plupart des Présidents de la IIIe République avaient une solide expérience ministérielle. Il en est de même de tous les Présidents des IVe et Ve Républiques, avant François Hollande.

Ce manque d’expérience gouvernementale signifie qu’aucun chef de gouvernement n’avait souhaité choisir François Hollande comme ministre, ce qui est particulièrement révélateur. La difficulté éprouvée par le député de Corrèze pour prendre toute la mesure de la fonction écrasante de Président provient de cette inexpérience. S’il avait été confronté aux réalités du pouvoir, à la nécessité de décider entre des alternatives proposées par un cabinet ministériel, s’il avait mesuré le poids de la haute administration, s’il avait expérimenté une politique de communication en tant que ministre et commis d’inéluctables erreurs à ce niveau, ils ne les auraient pas répétées ensuite.
Un Président par rejet
Le phénomène de rejet, bien connu, est l’antisarkozysme. « Tout sauf Sarkozy » (TSS) fut le slogan officieux de la gauche en 2011-2012. Ce populisme de gauche répondait au populisme de droite qui dominait la campagne de Nicolas Sarkozy, sous l’impulsion de Patrick Buisson, son mentor ès stratégie électorale de l’époque. Pour Buisson, le centre de gravité politique pour la conquête du pouvoir se situait quelque part entre l’UMP, parti du Président, et le Front National. L’objectif étant de conquérir des électeurs potentiels du Front National, un discours très ferme sur l’immigration et la sécurité s’imposait. Les militants de gauche furent alors vent debout contre la brise national-sarkozyste.

Mais si le centriste François Bayrou, qui voue une haine farouche à Sarkozy, ne s’était pas rallié à François Hollande au second tour, celui-ci aurait-il été élu ? Cette question n’aura jamais de réponse, mais c’est bien l’antisarkozysme de gauche et du centre qui a fait roi le socialiste. L’élection de 2012 fut en réalité un plébiscite : pour ou contre Sarkozy. Hollande n’avait que peu d’importance.
Le moins inacceptable pour ses adversaires
Ce sont donc des facteurs négatifs qui ont amené François Hollande à la Présidence de la République. Personne ne le considérait comme un candidat naturel, ce qu’avait été Mitterrand pour beaucoup de socialistes en 1981. Personne ne pensait qu’il avait vraiment l’étoffe d’un Président, en particulier ceux qui avaient pu l’observer en tant que Premier secrétaire du parti. Ce choix de circonstances résultait directement des divisions doctrinales de la gauche. Les socialistes n’ont en effet rien à proposer de cohérent pour le début du XXIe siècle.

Une partie d’entre eux, les « sociaux-libéraux », souhaitent s’adapter à la réalité contemporaine dominante, les marchés mondialisés. Mais nombreux sont ceux qui n’envisagent que de les entraver par la réglementation. François Hollande a donné des gages à toutes les tendances pendant sa campagne électorale. Il est ainsi apparu aux yeux des divers courants socialistes comme le moins inacceptable. Aucun « désir d’avenir » dans les discours du candidat, seulement du marketing politique : feindre de ne déranger personne dans son camp.

Arrivé au pouvoir, l’homme doit donc composer avec une majorité qui ne l’apprécie pas. L’évitement, le non-dit, le refus d’expliquer le sens de son action dominent alors son quinquennat. Impossible d’expliciter ce qu’il pense vraiment, c’est-à-dire, probablement, que dans l’incertitude ambiante, il faut naviguer à vue, avec seulement quelques principes généraux en tête. Ce pragmatisme serait vilipendé par une grande partie de la gauche et l’a d’ailleurs été explicitement par Christiane Taubira.

L’unité factice qui a porté Hollande au pouvoir recouvrait des dissensions insurmontables et toujours insurmontées. Doxa socialiste ou pragmatisme social-libéral ? Après l’échec de François Hollande, ce choix inéluctable risque de provoquer l’éclatement du Parti socialiste.

Source contrepoints.org
Photo By: Jean-Marc Ayrault – CC BY 2.0
Par Patrick Aulnas.

Patrick Aulnas

Diplômé d’études supérieures de droit public, ancien professeur agrégé d’économie-gestion, Patrick Aulnas est aujourd'hui blogueur et essayiste.

jeudi 3 novembre 2016

Recettes Desserts-Fondue au chocolat blanc


Fondue au chocolat blanc

Préparation : 30 mn
Pour 4 personnes
300 g de chocolat blanc
30 cl de crème liquide
200 g de framboises
200 g de cerises noires au sirop dénoyautées
200 g de quatre-quarts (ou de cake ou de biscuit de Savoie)
1. Triez les framboises en éliminant tous les fruits abîmés ou écrasés. Egouttez les cerises, puis séchez-les sur une double épaisseur de papier absorbant. Mettez-les séparément dans deux coupes.
2. Coupez le gâteau en cubes et disposez-les dans un petit plat.
3. Cassez le chocolat en morceaux dans le poêlon et placez-le à chaleur aussi douce que possible ou au bain-marie. Faite-le fondre avec la crème en remuant régulièrement, jusqu’à l’obtention d’une consistance lisse et onctueuse.
4. Placez le poêlon au centre de la table, sur le réchaud réglé à la température minimum.
5. Disposez les fruits et les cubes de gâteau autour, pour que chacun les pique et les enrobe de chocolat fondu.

Le chocolat blanc ne supporte pas d’être trop chauffé. Si le thermostat de votre réchaud n’est pas suffisamment précis, servez le chocolat fondu dans un bol placé dans un bain-marie chaud.