samedi 7 février 2026

Billets-Mort du journalisme

 

Mort du journalisme
Licenciements #washingtonpost : c'etait aussi le journalisme que nous aimions et nos plus belles années -Vous nous voyez encore parfois à la télévision. Vous nous entendez commenter l’actualité. Et vous pensez que nous avons survécu. Ce n’est pas vrai. Nous avons perdu la bataille la plus simple et la plus cruelle : celle de nous faire encore engager pour faire notre métier. Être payés pour enquêter. Être envoyés sur le terrain. Avoir le temps de vérifier, de douter, de recouper. Nous sommes devenus visibles, mais remplaçables. Peu à peu, évincés par ces « experts » — souvent aux egos démesurés —, par des généraux à la retraite découvrant les vertiges de la célébrité, par des riches commentateurs professionnels qui n’ont jamais eu à frapper à une porte, attendre une source, passer 2 nuits dans un motel pourri ou risquer une relation pour une information vraie. À mesure que notre manière de faire s’érode, le rôle du journaliste est de plus en plus occupé par d’autres : des militants, des influenceurs, des ONG, des groupes de réflexion, ou des voix gravitant à proximité de l’État. Ils occupent l’espace. Mais ils ne sont jamais neutres. Le journalisme que nous aimions n’était pas neutre au sens naïf du terme. Il était indépendant. Parfois idealiste, toujours fait avce passion Il ne servait ni une cause, ni un camp, ni un algorithme. Il servait les faits — même quand ils dérangeaient ceux qui nous invitaient à parler. Aujourd’hui, on préfère l’opinion rapide au reportage coûteux. Le plateau au terrain. La réaction à l’enquête. Le « je pense que » au « je sais parce que j’y étais ». Nous avons vécu nos plus belles années dans un métier exigeant, ingrat parfois, mais essentiel. Un métier où l’on disparaissait derrière l’information. Où l’ego était un obstacle, pas un capital. Ce monde se ferme. Et pendant que l’on nous applaudit encore à l’écran, le journalisme, lui, est en train de mourir hors champ. Pas dans le bruit des plateaux Dans l’indifférence. Avec des idéalistes qui ont oui adore vous montrer le monde et ce métier.



Source :
LAURENCE HAIM

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