L’Iran prépare une nouvelle loi.
Google, Meta et Microsoft seront soumis à cette loi.
Une agence de presse proche des Gardiens de la Révolution iraniens a publié un nouveau projet.
Le projet ne portait que sur un seul sujet.
Les câbles internet sous le détroit d’Ormuz.
Le plan comportait trois points.
1. Une autorisation sera requise pour chaque câble.
2. Un frais annuel sera payé pour chaque câble.
3. Les réparations ne seront effectuées que par des entreprises iraniennes.
Ces trois points affectent directement la colonne vertébrale de l’internet mondial et les flux financiers de trillions de dollars par jour.
Je vais vous expliquer.
D’abord, il faut connaître un fait fondamental.
Le trafic internet mondial ne circule pas dans le ciel, mais dans des câbles qui s’étendent au fond de l’océan.
Il existe des câbles en fibre optique au fond de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Pacifique. Leur longueur totale est de 1,4 million de kilomètres.
Alors, que passent par ces câbles ?
Les e-mails. Les virements bancaires. Les ordres de bourse. Les visioconférences.
Environ 95 à 99 % du trafic internet mondial transite par ces câbles.
Ce qu’on appelle le « cloud » est en réalité le fond de l’océan.
Une partie importante de ces câbles passe sous le détroit d’Ormuz.
Le détroit d’Ormuz est la voie maritime la plus stratégique au monde.
Puisque 20 % du pétrole mondial y transite, il est connu depuis 50 ans comme le corridor pétrolier.
Sous le même détroit s’étend un second corridor.
Le corridor numérique.
Les câbles internet reliant l’Europe à l’Asie.
L’Iran y développe un argument juridique.
Une partie du détroit se trouve dans les eaux territoriales iraniennes. Selon le droit international de la mer, les États ont des droits spécifiques sur les zones situées dans leurs eaux territoriales.
L’Iran veut appliquer ce droit aux câbles sous-marins.
« Les câbles passent sous mon sol, c’est moi qui fixe les règles », dit-il.
Aucun pays n’a jusqu’à présent défendu ouvertement une telle thèse.
La thèse de l’Iran est la suivante.
Imaginez qu’une ligne électrique traverse votre terrain. L’entreprise qui pose la ligne vous paie un frais de passage annuel. Parce que la ligne traverse votre propriété.
L’Iran veut maintenant instaurer le même système pour les câbles sous-marins.
Un mouvement similaire s’est produit dans l’histoire.
26 juillet 1956.
Le leader égyptien Nasser annonce la nationalisation du canal de Suez.
Le canal de Suez était à l’époque la voie commerciale la plus critique au monde.
Il passe sous le contrôle d’un seul pays.
Trois mois plus tard, l’Angleterre, la France et Israël attaquent l’Égypte.
La crise de Suez devient l’un des plus grands conflits d’infrastructure de l’histoire.
L’Iran fait aujourd’hui un mouvement du même type, mais sous l’eau.
Alors, qui paiera le loyer ?
Google.
Meta.
Microsoft.
Ces trois entreprises sont les plus grands propriétaires de câbles sous-marins au monde. Plus de la moitié des câbles nouvellement posés appartiennent à ces trois sociétés.
Leurs investissements annuels en infrastructure dépassent 250 milliards de dollars.
L’Iran veut ajouter une nouvelle ligne au bilan de ces trois entreprises.
Un loyer à l’Iran.
Au final, le coût sera répercuté sur l’utilisateur. Les services cloud deviendront plus chers. Les centres de données plus coûteux. L’entraînement à l’intelligence artificielle plus onéreux.
Quand un câble tombe entre les mains de l’Iran, une grande partie du monde devient indirectement dépendante de l’Iran.
Je dois ajouter une note.
Ce plan ne respecte pas le droit international de la mer.
La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer garantit le droit de passage libre. Même l’infrastructure de communication passant par les eaux territoriales ne peut être bloquée.
Le plan n’est pas légitime sur le papier.
Mais même s’il n’est pas légitime, il peut être efficace.
Parce que les entreprises qui doivent envoyer des navires dans une zone de guerre pour réparer les câbles seront forcées de soit obtenir l’autorisation de l’Iran, soit d’attendre des années.
Il n’existe que 60 navires de réparation de câbles dans le monde. Tous ont un programme annuel complet.
L’Iran gagne ainsi un contrôle indirect.
L’histoire nous dit ceci.
Au XXe siècle, le pouvoir consistait à contrôler le robinet du pétrole.
Au XXIe siècle, le pouvoir consistera à contrôler le robinet numérique.
L’Iran veut mettre la main sur les deux robinets.
Ceci est mon analyse personnelle.
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