Chine - Etats-Unis : Le bras de fer
Trump veut rejouer 1985. Mais la Chine s’y prépare depuis 5 ans.
En 1985, le Japon était la 2e plus grande économie mondiale.
Avec son taux de croissance de l’époque, il aurait pu devenir aujourd’hui la plus puissante base de production au monde.
Ce ne fut pas le cas. L’Accord du Plaza a tout changé.
Aujourd’hui, c’est la Chine qui est dans la même position.
Au sommet des chaînes de production. Elle a déjà dépassé les États-Unis dans de nombreux domaines.
Trump a rouvert le livre de 1985.
Mais cette fois, il a en face de lui une Chine qui a bien lu.
Je vous explique…
La domination productive de la Chine
Les chiffres sont clairs.
La Chine réalise aujourd’hui environ un tiers de la production mondiale. La part des États-Unis est de 16 %. La Chine produit plus du double de ce que produit les États-Unis.
Dans la production d’énergie, la Chine est environ deux fois en avance sur les États-Unis.
Leader mondial en infrastructure 5G. Leader mondial en production robotique. En intelligence artificielle, elle se rapproche chaque jour un peu plus des États-Unis.
La domination des marchés européens et américains s’est beaucoup affaiblie à cause de la Chine.
Ce que les États-Unis ont fait ces derniers mois
Trump le voit. Il fait ses coups les uns après les autres.
Tarifs sur les produits chinois approchant les 60 %.
Contrôles à l’exportation sur les semi-conducteurs. Interdiction de la vente en Chine des puces avancées de Nvidia.
Tarif sur les panneaux solaires chinois.
Restrictions à l’exportation envers les entreprises de biotechnologie chinoises.
Menace de tarifs à 100 % sur les pays BRICS.
En plus, pression sur le Venezuela, Cuba, le Pakistan. Un coup indirect aux partenaires stratégiques de la Chine.
Les cibles sont en grande partie centrées sur la Chine.
C’est le coup « Arrêter la Chine maintenant » de Trump.
Le point le plus faible de la Chine, c’est le secteur immobilier.
Evergrande s’est effondré. Country Garden s’effondre. Les gouvernements locaux ont des dettes cachées de trillions de dollars.
Le consommateur chinois ne peut pas épargner, il ne dépense pas. Le marché intérieur se rétrécit.
Les États-Unis ont une carte en main pour serrer la vis à la Chine. Cette carte, c’est d’approfondir la crise immobilière.
La Chine n’est pas un pays qui attend un Accord du Plaza.
La Chine a fait six coups stratégiques ces dernières années.
1. Vente d’obligations américaines. En 2013, elle en avait pour 1,3 trillion de dollars. Aujourd’hui, cela est tombé à environ 690 milliards de dollars.
2. La Banque centrale chinoise augmente constamment ses réserves d’or.
3. En 2024, la Chine a dépassé les États-Unis avec environ 1,03 trillion de dollars de dépenses en R&D. L’argent va à l’intelligence artificielle, à la technologie robotique, à la production de puces.
4. Système de paiement alternatif. Les BRICS se sont élargis, CIPS a grandi.
5. La Chine construit un réseau commercial terrestre qui traverse l’Eurasie de bout en bout. Chemins de fer, ports, autoroutes, pipelines. Europe, Afrique, Asie centrale, Moyen-Orient. Connexions terrestres avec tous. Cela réduit la dépendance aux routes maritimes contrôlées par la marine américaine.
6. Investissements en Afrique. La Chine a investi dans l’infrastructure de 49 pays africains. Celui qui construit l’infrastructure pose les règles.
La Chine prépare déjà sa porte de sortie.
Le plus intéressant, c’est ceci.
L’équipe autour de Trump connaît très bien ce jeu.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Il a travaillé des années aux côtés de George Soros. En 1992, il a participé à la guerre monétaire où Soros a fait chuter la livre sterling en Angleterre. L’un des plus expérimentés au monde en guerres monétaires.
Le possible président de la Fed, Kevin Warsh. Il a servi au Conseil des gouverneurs de la Fed pendant la crise de 2008. Il a été directement impliqué dans les décisions sur Bear Stearns et Lehman. L’homme qui gère les crises de l’intérieur.
Cette équipe ne s’est pas rassemblée par hasard. Trump a pris à ses côtés les noms qui mettront en place le jeu de 1985.
Les deux camps avancent coup pour coup
En 1985, l’Accord du Plaza a été signé en une nuit. Le Japon est entré dans 30 ans de stagnation.
Aujourd’hui, pas de Plaza. Pas d’accord. Il y a des coups unilatéraux.
Trump applique des tarifs. La Chine achète de l’or.
Trump interdit les puces. La Chine investit 1 trillion de dollars en R&D.
Trump serre les alliés. La Chine élargit les BRICS.
Les deux camps attendent le coup de l’autre.
Il ne s’agit pas de qui est le plus fort. Mais de qui est le plus malin.
Où mène la fin de ce combat
Il y a deux résultats possibles.
Le premier : La Chine ne résiste pas à la pression. Résultat : 30 ans de stagnation. Le centre de l’Asie redevient les États-Unis. Le dollar règne encore 30 ans.
Le second : La Chine résiste à la pression. Le yuan devient candidat à monnaie de réserve. L’or redevient la norme globale.
Point final
Trump veut rejouer 1985.
La Chine s’y prépare depuis 5 ans.
Les deux équipes ont lu le livre des guerres monétaires. Les deux équipes voient la fin du jeu.
Ceci est mon analyse personnelle.
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